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Gare à la crise cardiaque du Nouvel An ! PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 31 Décembre 2015 17:00

LES_HUITRES_RICHES_EN_SEL

Les huîtres, très riches en sel,  peuvent augmenter la pression artérielle et la décompensation cardiaque.

La mortalité cardio-vasculaire fait un bond à Noël et à la Saint-Sylvestre. En cause, stress et excès en tout genre.
Lorsque le Pr Robert Kloner, de l'université de la Californie du Sud, a eu l'idée d'examiner les données de mortalité annuelles du comté de Los Angeles avec ses collègues du Good Samaritan Hospital, il voulait juste vérifier si l'on observait sous les températures clémentes du sud de la Californie le même pic hivernal de mortalité qu'ailleurs.
Mais une surprise de taille l'attendait dans les données obtenues en décortiquant les 222.265 certificats de décès de cause cardiaque collectés de 1985 à 1996. À côté de l'augmentation, attendue, de la mortalité cardio-vasculaire en décembre et janvier (températures les plus basses) par rapport à la période allant de juin à septembre (+ 33 %), trois dates affolèrent les ordinateurs: les 25  et 26 décembre, et surtout le 1er janvier.
Pour Kloner, le pic de mortalité du 1er janvier en particulier ne pouvait pas être expliqué sur la seule base des changements de température. «Bien que les températures basses puissent jouer un rôle, d'autres facteurs, comme le laisser-aller ou le stress des vacances, peuvent y contribuer», concluait-il.
Cinq ans plus tard, le Pr David Phillips (université de Californie de San Diego) étendait cette fois l'étude à un quart de siècle (1973-2001) et sur l'ensemble du territoire américain, soit plus de 53 millions de certificats de décès! Encore une fois et de façon indiscutable, un double pic de mortalité apparaissait autour de Noël et du Nouvel An. Qu'il s'agisse de décès de cause cardiaque (+ 4,65 % par rapport à la mortalité saisonnière attendue) ou de décès d'autres causes (+ 4,99 %).

«Un risque de mort subite plus important»

Pour le Pr Phillips, plusieurs hypothèses sont envisageables, notamment le stress psychologique lié aux fêtes, des problèmes de prise en charge soit à cause de l'encombrement des services médicaux, soit par report de la consultation médicale par crainte de gâcher la fête, et bien sûr le risque d'abus de substances toxiques, dont l'alcool.

«Il est bien établi que toute émotion psychologique engendre un risque de mort subite plus important», explique le Dr Eloi Marijon, spécialiste des troubles du rythme cardiaque (Hôpital européen Georges-Pompidou, université Paris Descartes). Quant à l'alimentation, «l'excès de sel peut augmenter la pression artérielle et l'insuffisance cardiaque, et par ce biais le risque de mort subite, mais pour l'alcool le risque est plutôt de faire des arythmies auriculaires (non mortelles, NDLR).»

Mais le risque d'arrêt cardiaque n'est pas la seule menace au moment des fêtes, et, pour les personnes fragiles, le diable peut aussi se cacher au creux des produits les plus innocents du monde. À 72 ans, Louis ne s'attendait certainement pas à passer la fin de l'année à l'hôpital. Le coupable? Ces appétissantes huîtres de Noël dont il s'est régalé. «Vous ne saviez pas qu'il y avait du sel dans les huîtres?», s'étonne le cardiologue de l'hôpital Bichat qui le voit pour la première fois. Dénégation de ce dernier. Et son épouse de renchérir: «Ce n'est pas écrit dessus!»

«Les écarts de régime pour les fêtes sont un grand classique»

De fait, comme tous les fruits de mer, les huîtres sont particulièrement riches en sel. Or Louis souffre d'insuffisance cardiaque, une maladie qui s'accompagne également de problèmes rénaux. Habituellement, les reins se chargent d'éliminer l'excès de sel lorsqu'ils filtrent le sang, mais le mécanisme de régulation ne fonctionne plus très bien lorsque l'on souffre d'insuffisance cardiaque. C'est pour cela que les personnes concernées se voient recommander de surveiller très étroitement leurs apports en sel, car même un unique repas trop salé peut être dangereux. Le patient va très vite prendre du poids, ses pieds et ses jambes vont gonfler et, enfin, les poumons se gorgeant d'eau, la gêne respiratoire apparaîtra. C'est l'œdème aigu du poumon… qui se termine à l'hôpital.

«Les décompensations d'insuffisance cardiaque avec les huîtres, entre autres, et les écarts de régime pour les fêtes sont un grand classique», confirme le Dr Patrick Guérin, vice-président de la Fédération SOS-Médecins France. Le risque apparaît déjà avec le repas de Noël. «Concernant les chiffres en France, si on regarde ce que nous dit l'Institut de recherche pour la valorisation des données de santé, qui analyse en temps réel les données de l'activité des médecins de la fédération, on s'aperçoit d'une hausse sensible. On passe ainsi de 54 cas d'insuffisance cardiaque aiguë pour 100.000 personnes de 85 ans et plus lors de la semaine précédant Noël, à 96 pour 100.000 pour la semaine du Nouvel An.»

Les fêtes de fin d'année, période décidément dangereuse.

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Les 7 conseils capitaux

1. - N'ayez pas peur de «gâcher  la fête» et ne négligez pas l'apparition de symptômes cardiaques typiques (douleur thoracique particulière, comme si un étau serrait votre cœur, ou accompagnée de sueurs) ou atypiques (essoufflement, sensation de malaise).

Une consultation médicale urgente peut être nécessaire.

2. - Épargnez-vous le stress émotionnel, suscité par exemple par une discussion enflammée. Se mettre en colère induit des modifications métaboliques qui peuvent déclencher une crise cardiaque.

3. - Évitez les plats trop salés, surtout si vous êtes cardiaque.

4. - Méfiez-vous de l'alcool, qui peut favoriser les troubles du rythme.

5. - Évitez de faire des efforts violents et de vous exposer au froid.

6. - N'oubliez pas de prendre  votre traitement habituel.

7. - Restez vigilant sur l'état des autres convives.

Si l'un d'eux ne se sent pas bien, pensez à composer le 15.

 

Par figaro icon damien Mascret figaro icon Service infographie du Figaro - le 30/12/2015
 

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