L'ENFANT DROUOT PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 05 Septembre 2015 18:04
LENFANT_DROUOT_JEAN_PIERRE_ORSINI
C'était un petit appartement parisien modeste. Cinquante mètres carrés à peine mais, accrochées aux murs, pas moins d’une quinzaine de toiles de maître. Et moi qui suis un « enfant Drouot », qui, toute ma jeunesse, n’ai cessé de suivre mes parents passionnés d'art dans les salles de vente, je reconnus d’emblée qu’elles étaient toutes signées du peintre Utrillo.
JP_ORSINI
J’auscultai la patiente. Puis, mes yeux écarquillés ne cessant de toiser les murs, j'osai la question qui me taraudait :
ET_JOSAIS_LA_QUESTION
« Madame, vos tableaux sont superbes… Est-ce que ce sont des vrais ? »
« Ce sont toutes des toiles authentiques. Mon père était le médecin d'Utrillo et il s'est fait payer en tableaux. » Fasciné, je l’écoutai me parler de son père dont elle était l’unique enfant et auquel elle vouait une admiration infinie. Puis je lui posai des questions sur sa vie et j’échangeai longuement avec elle. La beauté de la visite, c’est la rencontre, le privilège de découvrir des endroits et des vies extraordinaires. Au bout d’un moment, elle se mit à me regarder, les yeux pleins de tendresse : « Vous me rappelez mon père. »
LA_BEAUTE_DE_LA_VISITE_CEST_LA_RENCONTRE
« Tenez, choisissez un tableau ! » me dit-elle en se levant. « J’aimerais vous en offrir un. » Déconcerté, j’avançai un : « Non, non, non… je ne peux accepter un cadeau aussi exceptionnel ! » Je lui expliquai que ces choses ne pouvaient se pratiquer dans mon métier, avant de rapidement m’en aller, la revoyant seule dans son appartement au milieu de ses chefs-d’œuvre, cette femme qui aurait échangé le plus inestimable des trésors contre la chaleur d’un lien.
JP_ORSINI_DOS
 

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