Intérêt de SOS médecins dans la prise en charge de la gastro-entérite aigue du nourrisson, survenant en garde Imprimer
Dimanche, 01 Mai 2011 11:21

Thèse présenté et soutenue publiquement le 27 Novembre 2009 Par Michel BOZEK

Résumé :
Contexte :
La gastro-entérite aigue est une pathologie fréquente, le plus souvent bénigne mais potentiellement dangereuse chez le nourrisson. Elle est responsable d’un afflux plus important au niveau des urgences en période épidémique. L’association SOS médecins permet quant à elle une prise en charge des patients nécessitant un avis médical rapide.

Moyens : Nous avons réalisé une étude prospective du 11 novembre 2008 au 1er février 2009 dans le service d’accueil des urgences pédiatriques du CHRU de Roubaix et sur le secteur de Roubaix par l’intermédiaire de SOS médecins, afin d’analyser de manière qualitative la prise en charge de SOS médecins dans cette pathologie, d’estimer la proportion de patients consultant aux urgences mais qui aurait pu bénéficier d’une prise en charge ambulatoire, d’analyser les motivations et chercher les facteurs influant sur le lieu de consultation (données sociodémographiques, capacités de déplacement, urgence ressentie en début de consultation, habitude de consulter aux urgences et consultation en cas d’aggravation).

Résultats : 26 nourrissons étaient inclus dans la population SOS médecins. On retrouvait une médiane de 60 minutes pour le délai d’intervention (min : 10, max : 120). Absence de critère d’hospitalisation pour 96% des patients (n=25). Tous les patients étaient maintenus à domicile avec prescription de SRO et consignes de surveillances expliquées.

La population des urgences incluait 45 nourrissons. Toutes les familles s’y étaient rendues sans avis préalable et 66% de ces familles déclaraient ne pas connaître d’autres structures pouvant répondre à leur attente. Les raisons avancées à la consultation aux urgences étaient la sensation de gravité et l’inaptitude à savoir comment réagir, l’attractivité de la structure et par commodité. On estimait à 33% (n=15) la proportion des patients ne « justifiant » pas le recours à cette structure. Dans cette population , la quasi-totalité des familles (93%) déclaraient que l’épisode aurait pu se régler par le passage d’un médecin à domicile.

La population SOS médecins était moins mobile (absence de moyen de locomotion dans 35% des cas, p= 4.10). On retrouvait plus de pères (33% contre 15%, p=0.19) et de mères (52% contre 50%, p=1) sans emploi, un taux plus important de patients bénéficiant de la CMUc (46% contre 27%, p=0.32). L’urgence ressentie était estimée à (5.9 +/- 1.7 contre 5.5 +/-1.7, p=0.20) On retrouvait plus de consultation en cas d’aggravation au niveau des urgences (58% contre 4%, p=2.10-6) et dans 84 % des cas, la population des urgences connaissait cette structure, car elle y avait déjà eu recours au moins une fois.

Conclusion : SOS médecins représente une alternative intéressante à la consultation aux urgences et permet d’éviter la marginalisation de la population n’ayant aucun moyen de locomotion. Il semble important d’informer les patients sur les structures actrices de la permanence de soins et sur le bon usage de celles-ci.