PERTINENCE DE l’ENVOI DES PATIENTS AUX URGENCES PAR SOS MEDECINS GRENOBLE Imprimer
Dimanche, 01 Mai 2011 11:31

Thèse soutenue publiquement à la faculté de médecine de Grenoble le 23 octobre 2008 par Mlle DOUPLAT Marion

CONCLUSION :

SOS médecins Grenoble a pour mission d’assurer la permanence des soins sur l’agglomération grenobloise. Ceci l’amène à collaborer avec, d’une part, le centre 15 dans le contexte de la garde officielle grenobloise assurée à 85% par l’association SOS médecins et, d’autre part avec les structures d’accueil d’urgence.

Notre étude avait pour but d’ évaluer le travail de SOS médecins, et devait remplir deux objectifs principaux : évaluer dans un premier temps la pertinence de l’envoi des patients par SOS médecins aux urgences et dans un deuxième temps la pertinence de l’information transmise par SOS médecins dans le courrier d’admission.

Pour cela, nous avons réalisé une étude prospective sur un mois. Un questionnaire était rempli à la fois par SOS médecins et par le médecin des urgences pour chaque patient. Nous avons également procéder à l’analyse de chaque courrier d’admission.

Nous avons analysé 319 questionnaires sur la période de l’étude. Ainsi, sur l’ensemble des patients vus par SOS médecins, 7% d’entre eux sont adressés vers une structure hospitalière.

Les résultats ont mis en évidence que les patients adressés aux urgences ont, dans 42% plus de 75 ans. L’état lésionnel est jugé stable mais nécessite des actes complémentaires dans 63% des cas. 25% des cas présentent un état susceptible de s’aggraver aux urgences ou pendant le transport et 8% mettent en jeu le pronostic vital avec ou sans geste de réanimation.

Les trois principaux motifs d’hospitalisation sont la douleur abdominale, la douleur thoracique et la dyspnée. Ils représentent 45% des motifs d’envoi aux urgences. Les problèmes sociaux présents dans 22% des cas influencent à hauteur de 84% l’hospitalisation. Les examens biologiques sont peu fréquents (dans 4% des cas). Par contre ils conditionnent fortement l’envoi aux urgences (dans 96% des cas).

Les patients sont adressés dans 60% des cas au CHU, 36,5% des cas en clinique et 3,5% en hôpital psychiatrique. Le plateau technique oriente le choix de la structure pour 40% et la préférence du patient dans 30% des cas. Le mode de transport le plus utilisé est l’ambulance dans 60% des cas suivi des propres moyens du patient dans 30% des cas.

Soulignons que l’âge des patients modifie peu l’état de gravité. L’âge cependant augmente la difficulté à trouver une place en structure d’accueil.

Concernant le premier objectif de notre étude, l’envoi des patients aux urgences par SOS médecins est perçu justifié dans 83% des cas par les médecins des structures d’accueil. Le transport est jugé adapté dans 94% des cas. Les diagnostics posés par SOS médecins lors de l’envoi aux urgences et ceux posé aux urgences ont une bonne concordance. Concernant l’évaluation de la gravité, on observe des différences de cotation entre SOS médecins et les urgences. Ces divergences peuvent s’expliquer par l’absence d’utilisation d’échelle de gravité en routine par SOS médecins.

Pour 1 /3 des patients adressés, SOS médecins a recours à l’avis d’un confrère qui est soit le médecin traitant (6%), le spécialiste d’organe (9%) ou le médecin régulateur (15%). Le spécialiste d’organe est celui dont l’avis influence le plus l’admission aux urgences dans 48 % des cas. Parmi eux le cardiologue est celui dont le recours est le plus fréquent suivi du psychiatre et du pédiatre. Le médecin du 15 est appelé principalement pour le mode de transport ce qui permet un transport adapté à l’état de gravité du patient.

La deuxième partie de l’étude portait sur la pertinence du courrier d’admission rédigé par SOS médecins. Les courriers sont présents dans 94% des cas et sont jugés lisibles dans 97% des cas. Les courriers sont pertinents avec une bonne transmission de l’information sur l’anamnèse (présente dans 89% des courriers), l’examen clinique du patient (88%) et l’hypothèse diagnostique (79%). Par contre les traitements ne sont mentionnés que dans 45% des courriers. Par ailleurs, soulignons l’absence d’évaluation de la gravité de l’état du patient qui n’est précisé que dans 2% des courriers. Le médecin traitant apparait dans seulement 23% des courriers. Enfin les renseignements d’ordre social sont insuffisamment complétés et retrouvés dans 25% des courriers ainsi que les coordonnées d’un tiers présentes dans seulement 3% des courriers. Nous avons donc proposé à la suite de nos résultats, une lettre type améliorant la pratique de SOS médecins. Ce document doit permettre d’améliorer la transmission des informations d’ordre social notamment et de proposer une évaluation objective de l’état de gravité. Ceci dans le but d’améliorer, d’une part la prise en charge des patients aux urgences et, d’autre part, permettre une bonne collaboration avec les médecins des structures d’urgences.